Immersion des enfants expat en langue étrangère

20 10 2010

D’abord, cette semaine, on se met tout nu, et on rejoint Laure dans son sauna à Helsinki en Finlande !

***

Et pour rester dans le bain des langues étrangères, on peut retrouver Eliott dans son école Montessori anglaise en cliquant là :

Parce qu’être immergé dans une école où on ne comprend pas la maîtresse et où on ne peut pas poser de questions, ça peut être assez perturbant pour certains enfants. Parce qu’ils sont tous différents, n’en déplaise à certains, et qu’aucun ne réagit de la même manière à une même situation.
Etrangement, il y a très peu d’écrits sur le sujet… J’ai un mal fou à trouver des articles ou des études intéressantes, dépassant le simple « Ca va passer », « Dans 3 mois ça ira mieux »…..

Oui, mais en attendant ?

Qu’est-ce qu’on peut faire, en tant que parent ? Comment aider son enfant ? Comment l’accompagner au mieux, sans nier ses problèmes ? Comment lui faire garder confiance ?

Que répondre à ses angoisses matinales ?

C’est parce qu’il a 5 ans, 4 ans, 3 ans, que « ça va passer », que « ce n’est pas grave » ?

Que peut-il rester comme trace de cette période douloureuse ?

***

Que personne ne me réponde « tu te poses trop de questions », « tu t’en fais pour rien », « t’inquiète dans 3 mois ça ira mieux »… ou pire « il oubliera » … cette habitude des adultes de nier ou minimiser les problèmes des enfants m’exaspère, même si ça part souvent d’une bonne intention. C’est très facile d’avoir des bonnes intentions, ça l’est moins de dépasser les superficialités et les apriori et de se poser de vraies questions

Non, on n’oublie pas. On en ressort + fort, ou on en ressort diminué, mais on n’oublie pas.

A un âge où le cerveau , la personnalité se structurent, gobant tout sur leur passage, le bon comme le mauvais, quelle trace ce genre d’expérience peut laisser ?

***

J’ai une phrase d’une maman expat, que j’avais rencontrée, qui ne me lâche pas : débarquant à NY avec leurs petits enfants, l’un s’est adapté très vite, et l’autre, + à l’aise avec sa langue  maternelle, a fait « un vrai blocage » sur l’anglais… Refusant de parler, de communiquer.

Tous les enfants sont pareils, hein ? Parce que ce sont « des enfants », on ne s’inquiète pas ?

Peut-être qu’Eliott (surement même) va apprendre, intégrer progressivement cette nouvelle langue, mais ma question est double :

Que faire AUJOURD’HUI, pour lui ?

Que restera-t-il de cette période ?

Si vous voulez lire l’article en entier, c’est par ici (avec les commentaires)

Publicités

Actions

Information

6 responses

20 10 2010
Agnès

Il est évident que chaque enfant ne réagit pas pareil et de mon côté je me suis posé beaucoup de questions pour mes enfants. Il faut dire que mes filles ont été refusées à l’école française en Espagne par manque de place et comme mes filles sortaient du système tchèque je m’en suis voulue de leur imposer de nouveau une nouvelle langue. Mais je n’avais pas le choix!
Mes filles sont donc allées dans l’école publique espagnole de mon quartier et cette école avait la particularité d’être bilingue espagnol/anglais. Autant dire qu’il y avait de quoi être perturbé.
Heureusement tout s’est très bien passé pour mon aînée qui a très vite réussit à communiquer en espagnol. Elle avait alors 5 ans et en fin de grande section elle lisait parfaitement l’espagnol et lors de son entrée en CP espagnol l’année suivante elle était très heureuse de ses 12 heures d’anglais hebdomadaires. Elle est rentrée dans un établissement français au 2e trimestre de CE1 (lors de notre arrivée au Mexique elle a cette fois été prise dans l’établissement français de Mexico) et tout s’est très bien passé.

Pour ma 2e fille les choses ont été bien plus difficiles. C’était déjà une enfant difficile avant notre arrivée en espagne et là, rentrer en PS de maternelle espagnole sans rien comprendre ça a été un choc je pense. Ma fille semblait révoltée et piquait des crises effrayantes. Tout n’était probablement pas lié à l’école car elle a toujours eu un caractère très fort, mais il est certain que la barrière de la langue l’a perturbé. Le pire c’est que je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite. C’est surtout lorsqu’elle a intégré le système français au 2e trimestre de GS que j’ai compris : ma fille tout d’un coup s’est épanouie à l’école, est devenue enthousiasme en classe et a enfin récolté de bonnes appréciations sur son buletin scolaire. Bref elle était méconnaissable.

Après s’il fallait conclure, je ne peux pas dire que je regrette. Ma 2e fille aujourd’hui est très à l’aise en espagnol et adore s’exprimer dans cette langue (il faut dire qu’au lycée français ici il y a peu de français et les enfants parlent espagnol entre eux). Je regrette juste de ne pas avoir cerné son mal-être quand elle était petite et je me dis que j’aurais peut être dû demander des avis extérieurs pour m’aider à comprendre ce qui n’allait pas…

20 10 2010
mariemic

merci Agnes pour ton temoignage… ca me rassure de voir une autre experience avec 2 vecus totalement differents…
je m’accroche en me disant que c’est du positif pour + tard…

21 10 2010
AnneLise

pauvre Eliott

3 11 2010
solene

ici les memes questions se sont posees et se posent encore… notre aine a vraiment beaucoup de mal a s’integrer en francais (alors que c’est notre langue maternelle…) et est beaucoup plus a l’aise avec des enfants qui parlent anglais (sans pour autant maintenant le parler courament, juste quelques mots), comme Agnes le decrit nous avons depuis que nous sommes en Martinique (un peu plus de 2 ans) des moments de coleres, d/angoisse, de tristesse ou il veut retourner dans SA maison (en Arabie Saoudite)… ce n;est que depuis septembre que nous avons trouve une aide precieuse avec une psychologue.
Je trouve vraiment dommage d’avoir attendu autant de temps mais comme vous, on nous a toujours dit mais non ca va passer, les enfants s’adaptent tellement vite et facielement… que neni!!! ce n’est pas le cas pour tous les enfants!
Notre second garcon lui s’adapte en anglais, en espagnol ou bien en francais, meme certaine fois en creole… et pour le moment aucun souci pour lui, il est bien plus epanoui que son frere.
Apres je n’ai pas trouve non plus de solution miracle, beaucoup de patience, d’ecoute, et j’espere juste qu’un jour en resortira du positif de ces experiences pour notre aine…
Marie, je ne trouve pas non plus d’ecrit a ce sujet…

3 11 2010
mariemic

merci pour ton tmoignage…

ca s’arrange tout de mme un peu : Eliott se met parler, avec la maitresse, avec les « copains »… il parle mme anglais la maison et demande la traduction de mots (dans les 2 sens) Ouf ! Mais ca reste difficile le matin…

c’est vraiment une question de caractre c’est sur, comme tu le vois toi mme avec tes 2 garons… Ca serait bien que quelqu’un se dcide faire de vraies tudes l-dessus !!

________________________________

16 11 2011
Un bain de langue : noyade ou pas ? « De ma fenetre… sur le monde

[…] nous étions à Dubai, j’avais écris des post sur le problème de la langue, pour moi (désolée impossible de comprendre l’anglais indien ou pakistanais) et surtout […]




%d blogueurs aiment cette page :